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Bilans sanguins et outils d'auto-vérification

A

Les bilans sanguins sont la pierre angulaire de la gestion de la sécurité sous THS. Sans données biologiques, impossible de savoir si le traitement agit, si votre posologie est sûre, ou si votre organisme s’expose à des risques inutiles. Cette page vous guide sur le moment où vous faire dépister, sur les paramètres à doser et sur la façon d’interpréter vos résultats [1] [2] .

Le calendrier des bilans sanguins se découpe en trois phases, en cohérence avec notre parcours THS [1] [2] :

C’est la période d’ajustement la plus intensive ; elle exige une surveillance plus fréquente afin de confirmer l’efficacité du traitement et d’écarter les effets indésirables précoces.

Contrôle à la semaine 4 :

Paramètre doséObjectifPersonnes concernées
Bilan hormonal sexuel (E2, T, LH, FSH, PRL, P4) Confirmer la hausse de l'E2 et la baisse de la T Toutes les personnes
Fonction hépatique (ALT, AST) Écarter une hépatotoxicité précoce Personnes sous CPA / bicalutamide
Électrolytes (K⁺, Na⁺) Écarter le risque d'hyperkaliémie Personnes sous spironolactone

Contrôle à la semaine 12 :

Paramètre doséObjectifPersonnes concernées
Bilan hormonal sexuel Évaluer l'atteinte des objectifs d'étape (E2 50-100 pg/mL) Toutes les personnes
Fonction hépatique (ALT, AST) Surveillance continue de la sécurité hépatique Personnes sous CPA / bicalutamide
Bilan lipidique (CT, TG, LDL, HDL) Évaluer le retentissement métabolique Toutes les personnes
Électrolytes (K⁺) Surveillance continue de la kaliémie Personnes sous spironolactone

Contrôle tous les 3 mois [2] :

Paramètre doséFréquenceCible
Hormones sexuelles (E2, T, PRL) Tous les 3 mois E2 100-200 pg/mL, T <50 ng/dL
Fonction hépatique (ALT, AST) Tous les 3 mois (CPA/bica) ALT/AST ≤ limite supérieure de la normale
Prolactine (PRL) Tous les 6 mois PRL <50 ng/mL
Électrolytes (K⁺) Tous les 3 mois (spiro) K⁺ 3,5-5,0 mmol/L

Une fois les taux hormonaux stabilisés, la fréquence peut être réduite [1] [2] :

Contrôles de routine tous les 6 mois :

Paramètre doséDescription
Hormones sexuelles (E2, T, PRL) Confirmer que vous restez dans la fourchette cible
Fonction hépatique (ALT, AST) Surveillance continue (personnes sous CPA/bica tous les 3 à 6 mois)
Électrolytes Surveillance continue pour les personnes sous spironolactone

Bilans complets annuels :

Paramètre doséDescription
Bilan lipidique Évaluer le retentissement métabolique à long terme
Glycémie à jeun Écarter une insulinorésistance évolutive
NFS (dont Hb) Surveiller l'évolution vers une anémie
Coagulation + D-dimères Évaluer le risque de MTEV (crucial pour l'E2 par voie orale)
Densitométrie osseuse (DXA) À envisager, surtout après un arrêt prolongé de l'estrogène

Ce qui suit illustre visuellement 7 marqueurs sanguins essentiels liés au THS. Vert = fourchette cible, jaune = prudence, rouge = danger, nécessitant une action [1] [2] .

Trois tubes de prélèvement sanguin : violet (NFS), jaune (biochimie/hormones), bleu (coagulation)

L’E2 entre 100 et 200 pg/mL correspond à la recommandation des recommandations internationales pour l’entretien [1] . Dépasser 200 pg/mL n’accélérera PAS la féminisation ; cela ne fait qu’augmenter le risque de caillots et de fusion prématurée des bourgeons mammaires. Un taux d’E2 inférieur à 20 pg/mL sous traitement évoque un problème d’administration.

Abaisser la T à <50 ng/dL (fourchette féminine cisgenre typique) est un objectif central du THS [1] . Si la T reste >100 ng/dL après 6 mois, il faut généralement ajuster l’anti-androgène plutôt que de forcer la dose d’E2 à la hausse [2] .

L’estrogène comme l’CPA peuvent élever la prolactine [1] . Les élévations modérées (25-50 ng/mL) sont souvent sans signification clinique mais justifient une surveillance. Une PRL supérieure à 50 ng/mL doit faire l’objet d’une évaluation afin d’écarter un prolactinome. Les personnes sous CPA doivent surveiller ce paramètre de près.

Le CPA et le bicalutamide comportent un risque d’hépatotoxicité [1] . La limite supérieure de la normale est généralement de 40 U/L. Une élévation à 1 à 3 fois la limite supérieure impose une surveillance rapprochée ; un dépassement de 3 fois (>120 U/L) signifie qu’il faut arrêter immédiatement le CPA ou le bicalutamide et consulter un médecin [2] .

La spironolactone est un diurétique épargneur de potassium qui peut provoquer une hyperkaliémie [1] . Suspendez la spironolactone si la K⁺ dépasse 5,5 mmol/L. Pendant la prise de spironolactone, limitez les aliments riches en potassium et n’utilisez pas de substituts de sel.

L’Hb diminue de façon prévisible vers la fourchette féminine cisgenre après l’instauration de l’estrogène ; c’est physiologique [1] . Mais une Hb inférieure à 110 g/L signale une anémie nécessitant un diagnostic.

Une élévation des D-dimères évoque une thrombose/fibrinolyse [1] . Une élévation modérée (0,5-1,0) doit être interprétée dans son contexte clinique. Au-delà de 1,0 mg/L — surtout en présence d’un œdème du mollet, d’une douleur thoracique ou d’un essoufflement — il s’agit d’une urgence pour écarter une TVP (DVT) ou une embolie pulmonaire (PE) [3] .

MarqueurCible (vert)Prudence (jaune)Danger (rouge)
E2 (pg/mL) 100-200 <50 ou 200-300 >500 ou <20 (sous traitement)
T (ng/dL) <50 50-100 >100 (après 6 mois)
PRL (ng/mL) <25 25-50 >50 (écarter un prolactinome)
ALT/AST (U/L) ≤40 40-120 (1-3× la limite) >120 (arrêt CPA/bica)
K⁺ (mmol/L) 3,5-5,0 5,0-5,5 >5,5 (arrêt spiro)
Hb (g/L) >120 110-120 <110 (anémie)
D-dimères (mg/L) <0,5 0,5-1,0 >1,0 (écarter un caillot)