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AC (Acétate de Cyprotérone)

抗雄激素 A

Acétate de Cyprotérone (Androcur)

Acétate de Cyprotérone (CPA)

Voie orale

L’acétate de cyprotérone (CPA, connu un peu partout sous la marque Androcur) est l’un des anti-androgènes les plus utilisés dans les parcours médicaux des personnes trans à travers le monde (hors États-Unis). À très faible dose (5-12,5 mg/jour), il fait chuter la testostérone de façon remarquable, et les recommandations de l’Endocrine Society 2017 comme de la WPATH SOC 8 le préconisent largement. Mal dosé, en revanche, il expose à des risques tumoraux catastrophiques.

Photo produit de comprimés d'acétate de cyprotérone Androcur 50 mg

Le CPA neutralise la testostérone sur plusieurs fronts à la fois [2] :

  1. La rétroaction progestative (mécanisme principal) : progestatif extrêmement puissant, le CPA trompe l’hypothalamus et bloque la libération de GnRH. L’hypophyse cesse alors d’envoyer ses signaux aux testicules, ce qui met à l’arrêt complet la synthèse de testostérone.
  2. Antagonisme modéré des récepteurs : il empêche partiellement la testostérone résiduelle de se fixer sur les récepteurs cellulaires (un effet toutefois faible comparé au bicalutamide).
  3. Inhibition de la 5α-réductase : il freine modérément la conversion de la T en DHT.

Dans la GAHT, le CPA fait chuter la testostérone en coupant l’usine de production à la source [1] . Vos analyses de sang montreront alors un taux de T effondré.

D’innombrables cohortes montrent que le CPA à faible dose surclasse largement le mythe de la forte dose [1] [3] :

  • 10 mg/jour fait régulièrement descendre la T sous le seuil féminin de 50 ng/dL.
  • 5 mg/jour suffisent souvent dès lors que la dose d’œstrogène est adéquate.
  • Pousser jusqu’à 50 mg/jour n’apporte aucune baisse supplémentaire de la T.
ProtocoleDoseRemarquesSources
Initiation recommandée 5 mg/jour OU 12,5 mg un jour sur deux La faible dose standard en association avec l'E2. Meyer 2020; WPATH SOC 8
Entretien courant 5-12,5 mg/jour À ajuster selon vos analyses de T. ES 2017
Le plafond absolu 12,5 mg/jour Toute dose atteignant ≥25 mg fait exploser le risque tumoral. Lee 2022; EMA 2020
Schéma de fractionnement d'un comprimé : comprimé de CPA 50 mg avec rainure en croix divisé en quatre quarts de 12,5 mg à l'aide d'un coupe-comprimés

Si vous prenez actuellement 50 mg/jour et devez corriger le tir [3] :

  • Passez à 25 mg : restez à ce palier pendant 2 semaines, le temps que votre organisme s’adapte sans rebond brutal de la T.
  • Passez à 12,5 mg : restez à ce palier pendant 2 semaines.
  • Faites le point par une prise de sang au bout de 3 mois. Ne baissez pas votre œstrogène pendant que vous diminuez le CPA.
Graphique du risque de méningiome dose-dépendant du CPA : le risque augmente fortement au-delà de 25 mg par jour

Le CPA met le foie à l’épreuve [2] :

  • Rare à 12,5 mg, mais la surveillance reste impérative.
  • Si vos enzymes hépatiques (ALAT/ASAT) dépassent 3 fois la limite supérieure de la normale, vous devez arrêter le CPA.

Comme le CPA est fortement progestatif, il peut pousser votre hypophyse à inonder l’organisme de prolactine [1] :

  • Une élévation modérée est normale et sans danger.
  • Si la prolactine dépasse 50 ng/mL, votre médecin doit réaliser une imagerie pour écarter un prolactinome (une tumeur hypophysaire bénigne).

Progestatif puissant, le CPA présente des effets indésirables psychologiques bien documentés [3] :

  • Une fatigue intense, une apathie et des épisodes dépressifs sont largement rapportés.
  • Si vous avez des antécédents de trouble bipolaire ou de dépression clinique sévère, le CPA constitue un pari à haut risque.

Le CPA augmente intrinsèquement la capacité du sang à coaguler [7] . Associer du CPA oral à un œstrogène oral crée un effet cumulatif extrêmement dangereux. Les personnes sous CPA ont tout intérêt à se tourner résolument vers un œstrogène transdermique (patchs ou gel).

BilanFréquenceCible / AlerteConduite à tenir
Enzymes hépatiques (ALAT/ASAT) Mois 1, 2, 3 → puis tous les 3-6 mois Maintenir dans les valeurs de référence du laboratoire Si > 3 fois la limite max. : arrêter le médicament.
Prolactine (PRL) Référence initiale, puis tous les 6 mois PRL < 50 ng/mL Si > 50 ng/mL : imagerie hypophysaire.
Testostérone (T) Mois 1, puis tous les 3-6 mois T < 50 ng/dL Si stable, rester à faible dose.
  • En France : l’Androcur (Bayer) est le médicament de référence, disponible en pharmacie sur ordonnance. L’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament) a imposé depuis 2018 une surveillance renforcée par IRM cérébrale avant et pendant le traitement, en raison du risque de méningiome. La Sécurité sociale prend en charge le CPA dans le cadre d’un parcours de transition accompagné.
  • En Belgique / Suisse / Québec : le CPA (Androcur ou génériques) est largement prescrit et disponible sur ordonnance. En Suisse, il est couvert par la LAMal dans le cadre du GAHT. Au Québec, il est accessible mais moins courant qu’aux États-Unis la spironolactone (influence nord-américaine).
  • Le marché gris : des collectifs de DIY font passer le CPA aux frontières en quantités considérables un peu partout dans le monde. Si tu commandes du CPA auprès de pharmacies internationales non réglementées, tu t’exposes à recevoir des médicaments falsifiés ou largement périmés. Avance avec la plus grande prudence.