Agonistes de la GnRH
Agonistes de la GnRH (Décapeptyl, Enantone, Zoladex)
Agonistes de la GnRH (leuproréline, goséréline, triptoréline)
Injection sous-cutanée / intramusculaire · Spray nasal · Implant
Les agonistes de la GnRH sont l’anti-androgène le plus efficace dont on dispose : en mettant à l’arrêt l’axe hypothalamo-hypophyso-gonadique, ils font chuter la testostérone jusqu’à des taux de castration (< 50 ng/dL). L’Endocrine Society 2017 comme la WPATH SOC 8 en recommandent l’usage. Quand on y a accès, les agonistes de la GnRH sont le choix anti-androgénique idéal.
Pharmacologie
Section intitulée « Pharmacologie »Mode d’action
Section intitulée « Mode d’action »Les agonistes de la GnRH n’agissent pas au même niveau que les autres anti-androgènes : ils s’attaquent au centre de commande situé en amont de la production hormonale [1] :
- Phase de « flare » (poussée) : Pendant les 1 à 2 premières semaines, le médicament surstimule les récepteurs hypophysaires de la GnRH, ce qui déclenche un pic transitoire de LH/FSH et de testostérone.
- Désensibilisation des récepteurs : Sous stimulation continue, les récepteurs hypophysaires de la GnRH se régulent à la baisse (downregulation) et cessent de répondre.
- Suppression totale : En 2 à 4 semaines, la sécrétion de LH/FSH s’éteint et la T tombe jusqu’à des taux de castration (< 50 ng/dL).
Ce mécanisme supprime la T de façon directe et fiable, sans l’hépatotoxicité associée à la CPA ni le risque d’hyperkaliémie de la spironolactone [2] .
Suppression de la T comparée aux autres anti-androgènes
Section intitulée « Suppression de la T comparée aux autres anti-androgènes »| Anti-androgène | Mécanisme | Suppression de la T | Principale limite |
|---|---|---|---|
| Agonistes de la GnRH | Arrêt de l'axe HPG | ~95 % (< 50 ng/dL) | Extrêmement coûteux ; injection requise |
| CPA 5-12.5mg | Antagonisme des récepteurs aux androgènes + rétrocontrôle progestatif | ~90 % (gamme féminine) | Risque de méningiome (≥25mg) |
| Spironolactone 100-200mg | Antagonisme faible des récepteurs aux androgènes | ~30-50 % (souvent insuffisante) | Hyperkaliémie ; suppression de la T peu fiable |
| Bicalutamide 50mg | Antagonisme pur des récepteurs aux androgènes | La T peut augmenter | Hépatotoxicité ; surveillance nécessaire |
Formes disponibles
Section intitulée « Formes disponibles »Formes injectables
Section intitulée « Formes injectables »| Médicament | Noms commerciaux | Dose | Intervalle | Voie | Auto-administration |
|---|---|---|---|---|---|
| Leuproréline | Enantone / Eligard / Lupron | 3.75mg / 11.25mg / 22.5mg / 45mg | Mensuel / 3 mois / 6 mois | SC ou IM | Certaines formes SC peuvent être auto-injectées |
| Goserelin | Zoladex | 3.6mg / 10.8mg | Mensuel / 3 mois | Implant SC (abdomen) | Administration en milieu médical requise (aiguille 16G) |
| Triptoréline | Décapeptyl / Trelstar | 3.75mg / 11.25mg / 22.5mg | Mensuel / 3 mois / 6 mois | Injection IM | Administration en milieu médical requise |
Formes non injectables
Section intitulée « Formes non injectables »| Médicament | Marque | Forme | Administration | Avantage | Limite |
|---|---|---|---|---|---|
| Buserelin | Suprefact | Spray nasal | 2-3 pulvérisations par jour | Pas d'injection nécessaire | Contrainte d'observance (plusieurs prises quotidiennes) |
| Nafarelin | Synarel | Spray nasal | 2-3 pulvérisations par jour | Non invasif ; ~95 % de réduction de la T | Disponibilité mondiale limitée |
| Histrelin | Supprelin LA | Bâtonnet-implant SC | Insertion chirurgicale dans le bras ; dure 12 mois | Une fois par an ; meilleure observance | Très coûteux ; insertion/retrait chirurgical requis |
Guide d’administration
Section intitulée « Guide d’administration »Injection sous-cutanée (leuproréline, etc.)
Section intitulée « Injection sous-cutanée (leuproréline, etc.) »La plupart des agonistes de la GnRH s’administrent par injection sous-cutanée ou intramusculaire. Certaines présentations (p. ex. la leuproréline SC) peuvent être auto-administrées après une formation par un(e) infirmier(ère) [1] .
Choix du site d’injection :
- Site principal : Abdomen, à environ 5 cm de part et d’autre du nombril (éviter la zone de 2 cm autour du nombril)
- Site alternatif : Face antéro-externe de la cuisse, en partie médiane
- Rotation : Changer de site à chaque injection ; laisser au moins 3 cm entre deux points d’injection ; éviter les zones présentant des nodules ou des ecchymoses
Étapes de l’injection sous-cutanée :
- Préparer : Se laver les mains. Sortir le médicament du réfrigérateur et le laisser revenir à température ambiante (15-30 minutes). Vérifier la date de péremption et l’aspect de la solution.
- Nettoyer : Désinfecter le site d’injection avec une compresse imbibée d’alcool. Laisser sécher complètement à l’air libre.
- Pincer : De la main non dominante, pincer un pli cutané de 2 cm.
- Insérer : Enfoncer l’aiguille selon un angle de 45-90°, d’un geste rapide et ferme, jusqu’à la garde (profondeur de 1-2 cm).
- Injecter : Appuyer lentement sur le piston pendant environ 30 secondes. Ne pas précipiter le geste.
- Retirer : Relâcher la peau, puis retirer l’aiguille d’un mouvement rapide. Appuyer un coton sec sur le site pendant 15 secondes (sans frotter).
- Éliminer : Jeter l’aiguille dans un collecteur d’objets coupants/piquants. Noter la date et le site d’injection.
Reconstitution de la poudre lyophilisée de GnRH d’origine indienne (Lupride Depot, etc.)
Section intitulée « Reconstitution de la poudre lyophilisée de GnRH d’origine indienne (Lupride Depot, etc.) »Le Lupride Depot (leuproréline) en provenance d’Inde circule beaucoup dans les communautés trans, son coût étant nettement inférieur à celui des équivalents nationaux. Il se présente sous la forme d’un kit à deux flacons (poudre lyophilisée + solvant) qu’il faut reconstituer avant l’injection.
Contenu du kit :
- 1 flacon de poudre lyophilisée (poudre blanche contenant 3.75 mg de leuproréline)
- 1 flacon de solvant (eau stérile pour préparation injectable)
- Seringue et aiguilles (incluses dans certains conditionnements)
Étapes de reconstitution :
- Inspecter : Vérifier que les deux flacons sont dans leur période de validité ; la poudre doit être blanche à blanc cassé (sans décoloration)
- Se laver les mains : Se laver soigneusement les mains à l’eau et au savon
- Désinfecter : Désinfecter les bouchons en caoutchouc des deux flacons avec des compresses alcoolisées, laisser sécher à l’air libre
- Prélever le solvant : À l’aide d’une seringue munie d’une aiguille de prélèvement (18-20G), aspirer la totalité du solvant du flacon de solvant
- Injecter dans le flacon de poudre : Injecter lentement le solvant le long de la paroi du flacon de poudre — ne pas le projeter directement sur la poudre
- Dissoudre : Faire tourner doucement le flacon (ne pas agiter vigoureusement) jusqu’à dissolution complète de la poudre. La solution doit être limpide ou légèrement opalescente
- Prélever la solution : Retourner le flacon, aspirer toute la solution reconstituée, puis chasser les bulles d’air
- Changer d’aiguille : Remplacer par l’aiguille d’injection (SC : 25-27G, IM : 21-23G)
- Injecter : Suivre les étapes de l’injection sous-cutanée décrites ci-dessus
Spray nasal (buséréline / nafaréline)
Section intitulée « Spray nasal (buséréline / nafaréline) »- Se moucher doucement pour dégager les fosses nasales.
- Agiter le flacon et retirer le capuchon.
- Pencher légèrement la tête vers l’avant ; introduire l’embout dans une narine.
- Appuyer sur l’embout tout en inspirant doucement.
- Alterner les narines à chaque utilisation.
- Ne pas se moucher pendant les 30 minutes qui suivent l’administration.
Implant (histréline)
Section intitulée « Implant (histréline) »L’implant Supprelin LA est placé chirurgicalement sous la peau de la face interne du bras par un(e) professionnel(le) de santé. Il libère le médicament en continu pendant 12 mois, après quoi il doit être retiré chirurgicalement et remplacé.
Conditions de conservation
Section intitulée « Conditions de conservation »| Médicament | Conservation | Remarques |
|---|---|---|
| Leuprorelin (dépôt) | Température ambiante (en dessous de 25°C) | À l'abri de la lumière et de la chaleur |
| Goserelin (Zoladex) | Température ambiante (en dessous de 25°C) | Seringue préremplie ; ne pas congeler |
| Triptorelin (Decapeptyl) | Réfrigérer (2-8°C) | Poudre lyophilisée ; reconstituer avant emploi |
| Buserelin spray nasal | Température ambiante | À utiliser dans les 28 jours suivant l'ouverture |
Gestion de l’effet « flare »
Section intitulée « Gestion de l’effet « flare » »Le pic initial de testostérone (effet « flare », ou poussée) qui survient après la première injection d’un agoniste de la GnRH est une réponse pharmacologique normale [1] .
Chronologie du « flare »
Section intitulée « Chronologie du « flare » »| Délai | Ce qui se passe | Symptômes |
|---|---|---|
| Jour 0 | Injection de l'agoniste de la GnRH | — |
| Jour 2-4 | La T monte à ~2× la valeur de base | Acné, sautes d'humeur, variations de libido possibles |
| Jour 7-8 | La T revient à la valeur de base | Les symptômes commencent à régresser |
| Jour 14-28 | La T chute à un taux de castration (< 50 ng/dL) | Effet anti-androgénique pleinement établi |
Comment gérer le « flare »
Section intitulée « Comment gérer le « flare » »Oubli d’une dose
Section intitulée « Oubli d’une dose »- Injection oubliée : L’administrer dès que possible (sans attendre la prochaine date prévue).
- Réajuster le calendrier : Calculer la dose suivante à partir de la date réelle d’injection (mensuel : +28 jours ; trimestriel : +84 jours).
- Retard de plus d’1 semaine : La T peut remonter en partie. Contrôler les taux de T 4 semaines après l’injection tardive.
- Spray nasal oublié : L’utiliser dès que l’on s’en souvient. Ne pas doubler la dose.
Effets indésirables
Section intitulée « Effets indésirables »Perte de densité osseuse
Section intitulée « Perte de densité osseuse »Une utilisation prolongée sans estradiol en quantité suffisante peut entraîner une baisse de la densité osseuse [1] [2] :
- La T comme l’E2 sont essentiels au maintien de la masse osseuse
- Point clé : Maintenir l’E2 à 100-200 pg/mL atténue nettement ce risque
- Une ostéodensitométrie (DEXA) est recommandée pour les personnes sous agonistes de la GnRH depuis plus de 2 ans
Réactions au site d’injection
Section intitulée « Réactions au site d’injection »- Douleur, rougeur et induration au site d’injection (fréquentes)
- L’aiguille 16G de la goséréline occasionne une gêne plus marquée
- Alterner les sites d’injection pour limiter ces réactions
Bouffées de chaleur
Section intitulée « Bouffées de chaleur »- Provoquées par la suppression rapide des hormones sexuelles [2]
- Un dosage suffisant d’estradiol les réduit nettement
- Régressent généralement une fois les taux d’E2 stabilisés
Troubles de l’humeur
Section intitulée « Troubles de l’humeur »- Certaines personnes présentent des fluctuations de l’humeur, surtout en début de traitement
- Généralement plus modérées que les effets de la CPA sur l’humeur
- S’améliorent une fois les taux hormonaux stabilisés
Surveillance
Section intitulée « Surveillance »| Examen | Fréquence | Cible / Seuil d'alerte | Conduite à tenir |
|---|---|---|---|
| Testostérone (T) | 4 semaines après l'injection + tous les 3-6 mois | T < 50 ng/dL | Si élevée : évaluer l'intervalle d'injection / l'observance |
| Estradiol (E2) | Dosé avec la T | 100-200 pg/mL | S'assurer d'un taux d'E2 suffisant pour la protection osseuse |
| Densité osseuse (DEXA) | Bilan initial + tous les 1-2 ans après 2 ans de traitement | T-score > -1.0 | T-score < -2.5 : ostéoporose — intervention nécessaire |
| LH/FSH | Optionnel, les 3 premiers mois | LH < 1, FSH < 4.3 | Confirmer la suppression hypophysaire |
Moment du prélèvement sanguin : Les formes dépôt des agonistes de la GnRH maintiennent des taux médicamenteux relativement stables. Le sang peut être prélevé à n’importe quel moment par rapport à l’injection — aucune fenêtre horaire particulière n’est requise.
Antagonistes de la GnRH : une alternative émergente
Section intitulée « Antagonistes de la GnRH : une alternative émergente »À côté des agonistes de la GnRH existent les antagonistes de la GnRH — des médicaments qui bloquent directement les récepteurs de la GnRH sans le « flare » initial.
| Médicament | Marque | Mécanisme | Délai jusqu'à la castration | Avantage | Limite |
|---|---|---|---|---|---|
| Degarelix | Firmagon | Blocage direct des récepteurs de la GnRH | 3-7 jours | Pas de « flare » ; action plus rapide | Injection SC mensuelle ; réactions au site d'injection marquées |
| Relugolix | Orgovyx | Antagoniste oral de la GnRH | ~2 semaines | Administration orale ; pas de « flare » | Prise orale quotidienne ; très coûteux ; données limitées chez les personnes trans |
Avantages et limites
Section intitulée « Avantages et limites »Avantages
Section intitulée « Avantages »- Suppression de la T la plus puissante et la plus fiable : atteint constamment des taux de castration [1]
- Excellent profil de sécurité : pas d’hépatotoxicité, pas d’hyperkaliémie, pas de risque de méningiome
- Administration peu fréquente : injections mensuelles ou trimestrielles ; excellente observance
- Réversible : l’axe HPG récupère après l’arrêt (de quelques semaines à quelques mois) ; la fertilité peut revenir
- Recommandés par les recommandations : avalisés à la fois par l’ES 2017 et la WPATH SOC 8 [2]
- Coût prohibitif : en France, le Décapeptyl (triptoréline, Ipsen) est pris en charge par la Sécurité sociale sur prescription hospitalière ; en Belgique et en Suisse, la couverture varie selon le cadre de prescription (environ 150-400 EUR/injection sans prise en charge)
- Injection requise : ne peut être pris par voie orale (les sprays nasaux sont d’une disponibilité limitée)
- Obstacles d’accès : ordonnance requise ; souvent prescrit hors AMM pour la dysphorie de genre
- « Flare » initial : la première injection provoque un pic transitoire de T (gérable par une couverture anti-androgénique)
- Surveillance de la densité osseuse : une utilisation prolongée nécessite des ostéodensitométries (DEXA) ; il faut toujours co-administrer de l’estradiol
Quand envisager les agonistes de la GnRH
Section intitulée « Quand envisager les agonistes de la GnRH »- Les finances permettent une utilisation durable
- La CPA est contre-indiquée (atteinte hépatique, risque de méningiome, effets sévères sur l’humeur)
- La spironolactone est intolérable (risque d’hyperkaliémie, insuffisance rénale)
- On recherche une fiabilité maximale de la suppression de la T
- Suppression de la puberté chez l’adolescent(e) (sous supervision spécialisée)
Peuvent ne pas convenir lorsque :
- Le coût est prohibitif
- Des consultations régulières pour les injections ne sont pas réalisables
- Une ostéoporose sévère est présente (évaluer d’abord la densité osseuse)
品牌图鉴
抑那通 / リュープリン (Lupron)
- 厂商
- 武田 (Takeda) / AbbVie
- 规格
- 3.75mg / 11.25mg / 22.5mg 注射剂
- 外观
- 预填充注射器,白色冻干粉末
日本最常用的 GnRH 激动剂,需皮下/肌肉注射,月剂型或季度剂型
贝依 / 抑那通
- 厂商
- 丽珠集团 / AbbVie (中国)
- 规格
- 3.75mg / 11.25mg
- 外观
- 注射用白色冻干粉末
中国大陆可获取的亮丙瑞林制剂,有国药准字批号,约 1000-2000 元/支
诺雷得 Zoladex
- 厂商
- 阿斯利康 (AstraZeneca)
- 规格
- 3.6mg / 10.8mg 皮下植入剂
- 外观
- 预填充注射器 + 固体缓释棒(16G 粗针)
皮下植入型 GnRH 激动剂,针头较粗,需医护操作。中国大陆有进口,有国药准字批号
达菲林 Decapeptyl
- 厂商
- Ipsen
- 规格
- 3.75mg / 11.25mg / 22.5mg
- 外观
- 注射用冻干粉末
法国产曲普瑞林,需肌肉注射。中国大陆有进口
Suprefact (布舍瑞林)
- 厂商
- 赛诺菲 (Sanofi)
- 规格
- 鼻喷剂 100µg/喷 · 注射液
- 外观
- 鼻喷瓶 / 注射液
唯一可用鼻喷剂型的 GnRH 激动剂,无需注射。每日 2-3 次喷鼻,全球供应有限
Supprelin LA (组氨瑞林)
- 厂商
- Endo Pharmaceuticals
- 规格
- 65µg/天 × 12 个月皮下植入棒
- 外观
- 小型柱状皮下植入棒
持续 12 个月的皮下植入棒,一年一次手术更换。价格极高(美国约 $45,000/年),主要用于青春期阻断